Grand campus : les 5 nouvelles «Idex» désignées

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Article paru dans Les Echos et daté du 3 février 2012.

 

François Fillon a annoncé ce vendredi les lauréats de la deuxième vague des Initiatives d'excellence du grand emprunt, qui sont les projets de Saclay, Sorbonne Paris-Cité, Sorbonne Universités, Toulouse et Aix-Marseille. Il reste près de 5,5 milliards d'euros à répartir.

 

Une petite dizaine d'Initiatives d'excellence, ces grands campus à vocation mondiale : c'est le résultat de la deuxième vague de cet appel à projets phare du grand emprunt. Crucial pour le paysage de l'enseignement supérieur et de la recherche. Fondamental dans la compétition internationale de la connaissance. Après les trois lauréats de la première vague en juillet dernier - Strasbourg, Bordeaux et PSL Etoile (Ulm, Paris-Dauphine etc...) -, François Fillon, avec le commissaire général à l'investissement, René Ricol, ainsi que le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Laurent Wauquiez, ont présenté officiellement, ce vendredi à Bordeaux, les projets retenus par le jury international et le gouvernement. Sur les 7,7 milliards dévolus aux « Idex », restent à répartir près de 5,5 milliards, les trois premiers Idex ayant été au total dotés de 2,2 milliards (700 millions pour Bordeaux et 750 pour chacun des deux autres).

Financement sur d'autres projets

Il y a pour cette deuxième et a priori dernière vague, sur les neuf projets qui étaient encore en lice, cinq nouveaux lauréats : Toulouse, qui bénéficie d'un fort bassin de recherche publique et privée (espace, aéronautique, économie etc...), Aix-Marseille, Saclay, Sorbonne Universités (Paris-II, IV, VI) avec l'une des premières universités scientifiques françaises, et Sorbonne Paris-Cité (Paris-III, V, VII, XIII, Sciences po Paris). Les projets présentés par l'université de Lorraine, par le pôle de Grenoble, tout comme l'Idex proposé par le pôle de recherche et d'enseignement supérieur Hésam - qui comprend notamment Paris-I, le CNAM, l'EHESS etc. - ne font pas partie des lauréats. La déception est aussi de mise du côté du grand projet de Lyon-Saint-Etienne, qui, malgré un grand potentiel scientifique public et privé, comme à Grenoble, aurait raté la sélection.

 

En revanche le Premier ministre a souligné que les projets de Lyon-Saint Etienne et celui de Hésam, baptisés PNMU, étaient « de grande qualité » et très proches. « Nous respectons la règle que nous nous étions fixée et nous respecterons la décision du jury. Mais je vais demander à René Ricol et Laurent Wauquiez de recevoir les porteurs de ces projets pour voir comment les financer sur d'autres crédits, car ils sont utiles pour le pays », a déclaré François Fillon.

Douze critères d'excellence

Pour faire émerger ces quelques grands pôles identifiables mondialement, présentant un ensemble formation-recherche-innovation de très haut vol, le jury, présidé par Jean-Marc Rapp, président de l'EUA (Association européenne des universités), a fait son choix à partir de douze critères d'excellence, dont la moitié portait sur les stratégies de recherche, de formation, d'ouverture et de partenariats -à l'international comme avec le monde économique - et l'autre moitié sur la gouvernance -un point absolument essentiel -, le pilotage et les moyens. Ce qui a impliqué, dans les projets, un travail très serré et parfois tendu entre les universités (qui possèdent l'aspect recherche), les grandes écoles (habituées aux partenariats avec le monde économique, partie prenante intégrante des projets, et l'international) et les organismes de recherche.

 

Alors que les projets retenus vont donner naissance à de nouveaux établissements, avec, souvent, à la clef, des fusions, le jury a porté son attention sur la capacité des porteurs du projet à évoluer et à suivre une véritable stratégie et politique scientifique. La gouvernance est, sans doute, un des points qui a été considéré comme moins fort à Grenoble. Du côté du projet Hesam, si la déception de ne pas être labélisé aujourd'hui est forte, l'annonce de François Fillon pour poursuivre le projet avec d'autres financements devrait constituer un e consolation pour un dossier original, fondé notamment sur les sciences humaines et sociales.

 

Les dotations seront déterminées ultérieurement, mais elles devraient permettre aux projets retenus de bénéficier grosso modo de 25 millions d'euros par an pour développer leur politique scientifique.

ISABELLE FICEK

Source : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/0201877837854-grand-campus-les-5-nouvelles-idex-designees-283887.php

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